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Ils sont plus d’une centaine, venus de tous les diocèses du pays, à prendre part à la formation. Pendant deux semaines, du 13 au 18 puis du 20 au 25 juillet 2026, ces enseignants de l’enseignement catholique du Mali vont revisiter leurs méthodes, s’approprier de nouveaux outils et, surtout, apprendre à composer avec une réalité qui s’impose désormais dans toutes les salles de classe : l’intelligence artificielle.

La cérémonie a réuni des figures qui comptent dans le paysage éducatif malien, à commencer par le directeur national de l’enseignement fondamental, Issoufi Arbert Bedari Touré, et le secrétaire général de la Conférence épiscopale du Mali, l’abbé Abel Kassogué, venu porter la voix de Mgr Augustin Traoré, président de la Commission de l’enseignement catholique.

Une formation pensée comme une priorité, pas comme un supplément

Dans son mot de bienvenue, le directeur national de l’enseignement catholique, l’abbé Edmond Dembélé, a tenu à remercier chaleureusement les partenaires venus soutenir le projet, en premier lieu la Conférence épiscopale italienne et la Conférence épiscopale du Mali. Il a aussi salué les directeurs diocésains, sans qui, a-t-il rappelé, l’organisation d’une telle formation n’aurait tout simplement pas été possible.

Mais au-delà des remerciements protocolaires, c’est un message de fond que l’abbé Dembélé a voulu faire passer. Pour lui, la formation continue des enseignants n’est pas un luxe. C’est une nécessité stratégique. « Aucun système éducatif ne peut prétendre à l’excellence sans investir durablement dans le développement professionnel de ceux et celles qui portent, au quotidien, la responsabilité d’instruire, d’éduquer et d’accompagner les enfants et les jeunes », a-t-il insisté, rappelant au passage l’ancrage de cette démarche dans les valeurs fondatrices de l’enseignement catholique : vérité, justice, paix, solidarité et fraternité.

Il a également profité de l’occasion pour saluer les excellents résultats scolaires obtenus cette année par les établissements catholiques : 88,38 % de réussite au DEF et 61,23 % au baccalauréat. Des chiffres qui, selon lui, n’auraient jamais été atteints sans l’engagement quotidien des enseignants.

La mission d’enseigner, une responsabilité qui dépasse le programme scolaire

Pour l’abbé Dembélé, la mission de l’enseignant catholique ne se résume pas à transmettre un savoir. Elle consiste aussi à accompagner des vocations, à porter, jour après jour, l’avenir de milliers de jeunes maliens. Un rôle qu’il a qualifié d’immense, et pour lequel il a exprimé toute la confiance que l’Église continue de placer dans ce corps enseignant, malgré les difficultés traversées ces dernières années.

C’est un message similaire qu’a porté l’abbé Abel Kassogué, en lisant le discours préparé par Mgr Augustin Traoré. L’enseignement catholique, a-t-il rappelé, se veut un enseignement de qualité, offert sans distinction. Cette formation en didactique, a-t-il poursuivi, arrive donc à point nommé : elle donne à chaque enseignant les moyens de mieux exercer son métier, dans un contexte où former un élève ne se réduit jamais à la simple transmission de connaissances.

L’abbé Kassogué a insisté sur un point qui lui tient visiblement à cœur : la mission de l’Église, à travers ses écoles, est de faire de chaque établissement un lieu où l’enfant apprend à se découvrir, à révéler ses talents, mais aussi à vivre avec les autres, dans le respect. Il s’agit donc d’une formation intégrale qui ne s’arrête pas aux portes de la salle de classe.

L’État salue un partenaire de longue date

Le discours du directeur national de l’enseignement fondamental, Issoufi Arbert Bedari Touré, représentant le ministère de l’Éducation nationale, a marqué les esprits par sa clarté. Il n’a pas manqué de saluer le rôle joué par l’Église catholique, à travers son réseau éducatif, dans la formation de milliers d’enfants et de jeunes à travers le pays. Selon lui, l’ouverture de ce centre de formation illustre parfaitement la volonté de l’Église de doter ses enseignants des outils dont ils ont besoin pour bien faire leur travail.

Il a également tenu à rappeler que l’Église a toujours été aux côtés de l’État dans sa mission d’éducation des enfants maliens, un partenariat qu’il a qualifié de constant, au fil des années. Une phrase de son intervention a particulièrement retenu l’attention : « Pour enseigner peu, il faut connaître beaucoup. » Une manière, pour lui, de résumer tout l’enjeu de ces deux semaines de formation.

Un chantier de deux semaines, une ambition sur le long terme

La cérémonie s’est achevée par une photo de famille, dernier moment protocolaire avant que les enseignants ne rejoignent leurs salles de formation. Deux semaines durant, ils vont explorer la didactique du français et des mathématiques, mais aussi apprivoiser les nouvelles technologies de l’information et de la communication, ainsi que l’intelligence artificielle, un sujet qui s’invite désormais dans la formation des maîtres, bien au-delà des salles de classe catholiques.

Rendez-vous à la rentrée pour en mesurer les premiers effets, dans les salles de classe cette fois.

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